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Galchenyuk : un échec total de la part de l’organisation du Canadien


Nicolas Ganzer - Fanadiens.com

Vendredi soir, un véritable séisme médiatique a frappé la ville de Montréal avec l’échange qui envoie Alex Galchenyuk en Arizona en retour de Max Domi. Les réactions ont été nombreuses et ont donné lieu à des débats enflammés dans les médias et sur la toile.

En digérant cette nouvelle, on ne peut que se rendre compte des nombreux dysfonctionnements de l’organisation qui ont fini par aboutir à l’abandon total du jeune ailier/centre (rayé votre mention inutile) de 24 ans, Alex Galchenyuk.

La transaction

De prime abord, la plupart des observateurs n’ont rien contre Max Domi. Bien au contraire, ils sont plutôt d’accord sur son niveau actuel. Cependant, il n’en reste pas moins qu’il y a une « petite » classe d’écart entre les deux.

Max Domi a été repêché un an après Alex, en 2013, au 12e rang au total par les Phoenix d’Arizona. Cependant, il n’a fait le saut dans la LNH que deux ans plus tard, soit 3 ans après Alex. Max a 23 ans et Alex 24. Alex a été repêché au 3e rang au total en 2012 par les Canadiens de Montréal.

Il a fait son entrée dans la grande ligue dès ses 18 ans. Du repêchage de cette année-là, il est le meilleur pointeur ex aequo avec Filip Forsberg. Max Domi de son côté fut le 12e choix d’un encan de loin supérieur qui a vu des joueurs comme Nathan MacKinnon, Aleksander Barkov, Jonathan Drouin, Seth Jones, Sean Monahan, Elias Lindholm, Darnell Nurse, Rasmus Ristolainen, et Bo Harvat entre autres, être sélectionné devant lui.

Beaucoup pensent que comme le nombre de points/matchs de Domi (0.608pt/match) et Galchenyuk (0.61pt/match) sont équivalents, la transaction 1 vs 1 est logique.

C’est une simplification de la transaction.

Si l’on regarde plus précisément le nombre de points par rapport au temps passé sur la glace. L’écart est plus significatif. Galchenyuk (0,80 pt/20 minutes) contre Domi (0,74 pt/20 minutes) montre clairement une différence d’impact.

D’un point de vue plus subjectif, le talent brut de Galchenyuk est supérieur à celui de Domi. Sans oublier que l’ancien numéro 27 de Montréal n’a jamais vraiment eu sa chance à son poste de prédilection.

Sans parler du nombre de buts de chacun, mais Domi n’est clairement pas un buteur. Il est plutôt un passeur, même si son année recrue aurait pu laisser penser l’inverse.

La gestion sportive

Au niveau de la gestion sportive, c’est là que l’impact de l’insuffisance de l’organisation s’est fait le plus sentir. Alex est arrivé comme futur centre numéro 1, mais son développement s’est fait principalement à l’aile.

Quand il a enfin eu l’opportunité de débuter au centre, au début de la saison 2016/17, les résultats sont là. Il démarre en trombe enchainant les performances et les points, en gardant une moyenne d’un point par match, jusqu’à sa blessure au genou.

Et ensuite, il est victime d’un désaveu total de l’organisation à son retour prématuré, qui le condamne à retourner à l’aile et à y rester. Des déclarations de Julien et de Bergevin, qui au lieu de l’encouragé, lui ont tapé dessus.

La gestion émotive

C’est là qu’embarque la gestion émotive du joueur. Les jeunes joueurs sont fragiles psychologiquement. Nullement préparé à gérer autant de célébrité, d’attention et d’argent.

Alex aurait succombé à bien des égards aux tentations de l’alcool et de la drogue dans une ville qui faisait de lui un Dieu.

La gestion des Canadiens a de nouveau été désastreuse, punissant le jeune joueur au lieu de lui fournir l’aide dont il avait sûrement besoin.

Quand je parle de punitions, je parle de punitions médiatiques, toujours en déclarant qu’il devait mieux faire, qu’il devait être plus responsable, tout en n’augmentant pas son temps de jeux alors qu’il rentrait dans l’âge d’or de tout hockeyeur.

C’est un peu comme dire à un élève qui a des difficultés d’apprentissage qu’il n’arrivera à rien dans sa vie. À ce moment-là, c’est de l’inverse qu’il avait besoin ! Il avait besoin de soutien, un soutien qu’il a dû chercher ailleurs.

Et s’en viennent les rumeurs qui font état d’un père ultra contrôlant qui aurait donnée des conseils à son fils disponible par message pendant les tiers-temps.

Ma question est la suivante : est-ce qu’Alex écoutait son père, car il avait trop de pouvoir sur lui ? Ou est-ce qu’Alex écoutait son père, car il se sentait abandonné par les entraineurs ?

L’équipe d’encadrement a sûrement ses fautes, apparemment les joueurs savaient que le père d’Alex était omniprésent. Et cela aurait pourtant continué. La direction n’a pas su gérer cette portion-là.

Laissant au final la relation père-fils court-circuiter celle du jeune joueur — entraineurs.

Au final, le divorce était écrit depuis bien longtemps. Les deux parties n’ont jamais été capables de comprendre les attentes de l’autre, un peu comme dans un mariage où chacun des époux est persuadé que ses besoins sont prioritaires par rapport à ceux de l’autre.

Là où le bât blesse, c’est que Galchenyuk aurait dû rapporter plus, et que son bradage dénote d’une envie de s’en débarrasser, de se dédouaner des problèmes qu’il a, au lieu d’y faire face.

C’est là que l’organisation a failli. Espérons que les Canadiens aient appris de leurs erreurs, eux qui choisiront une nouvelle fois au 3e rang, 6 ans après un certain Alex Galchenyuk.

 

Crédit photo : MARTIN CHEVALIER / LE JOURNAL DE MONTRÉAL / AGENCE QMI.

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